Dans cet ouvrage, je me suis efforcée de retrouver les enfants du début du XXe siècle, devenus aujourd'hui grands-parents. Ils racontent leur vie quotidienne du temps de leur jeunesse, quand elle était régie par des rites familiaux et sociaux qui paraissaient immuables.
C'était le temps où il n'y avait pas d'eau, pas d'électricité dans les maisons.
C'était le temps où il y avait dans chaque village une école, une ou plusieurs épiceries-tabac.
C'était le temps où on pouvait rencontrer le charretier, le maréchal-ferrant, le forgeron, le bouilleur de cru...
C'était le temps où l'on prenait la faux, où l'on alignait les dizaux dans les champs.
C'était le temps où certains partaient à pied où à vélo, pour se rendre à l'usine. Les filles étaient rentrayeuses ou ourdisseuses...
C'était le temps où l'on sonnait l'angélus, en tirant sur les cordes...
Ses "anciens" ont en mémoire, bien des souvenirs qu'ils croyaient oubliés. Ils les ont retrouvés avec joie et leurs récits joints aux nombreuses photos d'autrefois amèneront peut-être un brin de nostalgie dans le coeur des plus âgés en même temps qu'un sourire sur le visage des plus jeunes. Ceux-là s'apercevront parfois qu'ils ont une même qualité ou un même défaut qu'une arrière grand-mère ou un arrière grand-père. C'est une manière de reconnaître une certaine hérédité.
C'est aussi pouvoir jeter un regard sur l'époque, les gens, les choses qui témoignent d'un monde qui avait jusqu'alors résister à l'épreuve du temps.
Les occupations, les sentiments, les réactions d'enfants ne coïncident pas, et de loin, avec le monde des adultes de leur époque.
L'histoire s'accélère, les évènements, les inventions se multiplient, se précipitent, fallait-il laisser tout cela dans l'oubli.