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Résumé
L'auteur s'st efforcé, à travers les comptes décadaires émanant des autorités révolutionnaires, d'appréhender l'esprit public.
L'adhésion de coeur à la Révolution n'a pas survécu à la fin de la monarchie constitutionnelle. L'insurrection fédéraliste qui suivit la chute de la Gironde fut l'expression politique de la bourgeoisie urbaine. Les deux guerres chouannes qui ensanglantèrent le département de 1795 à 1800 révélèrent la profondeur du mécontentement populaire ; les réquisitions, le dirigisme économique dans un pays qui souffrit cruellement de la faim, les rigueurs de la conscription, ne furent pas les moindres des causes qui engendrèrent l'hostilité des populations, restées au surplus, très attachées aux libertés provinciales, à la dynastie des Bourbons et à une conception mystique de la monarchie. De longs développements ont été consacrés aux problèmes religieux : la déchristianisation de l'an I et de l'an II, plus que la Constitution civile du Clergé, l'acharnement du Directoire à substituer le culte décadaire aux valeurs chrétiennes jugées périmées, ont heurté les consciences, en dépit d'une apparente passivité.
Mais il s'en faut de beaucoup que l'attitude du département ait été unanime. Le Bocage virois a versé dans la chouannerie ; précocement engagé dans la voie du capitalisme, le pays d'Auge opposa à la République une inertie hostile ; le pays de Falaise se montra plus réceptif à l'idéologie des jacobins de la Montagne.
En définitive, deux facteurs donnent la clé des attitudes locales : la vitalité des traditions religieuses et surtout les structures sociales, entrevues à travers les registres fiscaux de l'Ancien Régime et les cahiers de doléances.